Le temps des cerises

la pluie risque de m'engloutir
la vanne est ouverte et ne semble pas vouloir se refermer d'aussitôt
je suis trempée jusqu'au aux os et je continue pourtant de traîner ma valise, mon fardeau, mon dérisoire parapluie qui ne pare à rien.
c'est le déluge...le calme après la tempête...le ciel se déchaîne et lave les trottoirs, les rues, les saletés des chiens par terre oubliées par leur maîtres, noie les passants et moi-même sous une ondée diluvienne et salvatrice.
dans certaines cultures, la pluie et l'eau sont synonymes de pureté et de renaissance
la pluie lavera -t-elle mes pechés, mes erreurs, mes larmes amères et douces à la fois, ma colère trop enfouie et pernicieuse qui ne cesse de me ronger, mon mal être et ma douleur, ma haine de moi?
emportera t'elle mes souvenirs qui auront longtemps le parfum des regrets?
qu'elle efface mes nostalgies puériles et naives
qu'elle emporte mes illusions les plus tenaces,
qu'elle piétine mes convictions les plus ridicules
qu'elle avale mes larmes trop longtemps contenues et ma peine si genante et mal contrôlée
qu'elle aséptise ce coeur trop rouge, trop gonflé de sang, d'images, de rêves, de sentiments vains et idiots, d'horreur, de peur castratrice, de mensonges, d'inquiètude et de honte
qu'elle l'ensevelisse et le noie sous des torrents d'eau pour qu'il renaisse , se remette sur pied et remarche
j'y sauterai bien dessus à pieds joints mais si je l'arrache moi même comment le remettre en place
on me l'a livré sans notice
je dois m'arranger et faire avec
je vais peut être lui donner congé et l'envoyer promener...
la pluie ne cesse de marteler le sol comme des mots que l'on assène, que l'on scande et qu'on crie....
qu'elle m'est douce cette pluie qu'elle m'est chère....
elle est ma jumelle et comme j'aimerais me diluer en elle...
les uns cherchent à en échapper, se terrent chez eux pour ne pas l'affronter, les autres courent s'en abriter, les plus courageux l'affrontent et continuent leur chemin comme des statues dégoulinantes dans les rues, les plus fous recherchent la liberté, les plus rêveurs l'égalité et la paix, les plus idiots le grand amour,
moi je cherche à me vider moi même, à décharger mon être de tout ce bric à brac amassé au fil des années, à muer comme un serpent, à arracher cette peau qui m'écoeure, cette face immonde et débile, cette horreur sans nom tapie en moi et qui menace de me tuer à petits feux, lentement mais surement...
je cherche une sérénité qui se fait longtemps désirer, avec quel argent l'acheter, par quel moyen me la procurer, qui dois-je soudoyer ou menacer, à qui dois-je la voler?
la pluie a fini son oeuvre,
mon coeur est moins lourd, momentanément débarassé de son excès de bagage
ma tête est moins lourde et fatiguée
ma peau luit, fruit de sa nouvelle propreté
mais mes yeux sont encore prêts à pleurer
et mon esprit traîne encore son cortège de rancoeur, de désillusion et de regrets
je vais aller engloutir des cerises au lieu de me goinfrer de pâtés

p.s: ceci est un récit fictif, né de mon imagination trop fertile, je rassure mes lecteurs: aucun organe humain n'a été endommagé et aucun acte irréversible n'a été commis, le personnage de ce récit est toujours en vie. ;)

8 ripostes trèès percutantes:

cactussa 8 août 2007 à 12:56  

cest bien dit!!
memesi cest fictif pour toui ca a parlé d'une partie de ma vie.enfin on est tjs faible quant il pleut,les souvenirs remontent a la surface avec l'eau!!!

mourad 8 août 2007 à 13:05  

jolie coup d'essai!
berjoulia tu ecris bien!

juninho 8 août 2007 à 13:10  

tu fais honneur lawlad houmtek
ya mariouma c pourca que l'ot con
enrage(sorry pour ortograf)
mort aux vaches!!!!
note redigee par junninho au nom du quartier rue el kahia/rue houinet achour/rue sidi brahim /rue du pacha

kissa-online 8 août 2007 à 13:45  

salut manna
bon texte .comme s'il etait extrait
d'une oeuvre.j'aime la parabole
pluie diluvienne/tempete interieure
rappelles toi le montage du film
"le cuirasse potiemkine" eisenstein :
le paralelle "decrue du fleuve neva"
et "arrivee des manifestants par groupes"
ainsi que le montage paralelle :
"poussette qui degringolait" et
"avancee des soldats"
ce sont des techniques d'ecriture modernes. pas du "boudourou
et comme disent el mafrekha mta3
el houma mort aux vaches!

mahdiima 8 août 2007 à 16:40  

bien ke c manfik tn écriture mé attention il fo pa s habituer à ce rythme fictif kar la vie é plus dure kon imagine.encore une fois chapo

Hmayed 8 août 2007 à 18:26  

joli texte mariouma
qu'on l'exprit se lache, on a droit a des chez d'oeuvres
revenons au contenu de ce que t'a ecris alors :d
je pense qe suivre ses sentiments n'est jamais un prob, c'es un chemin dur , pleins d'epines, le resultat n'st jamis sur d'avances, mais peut etre cette recherche mutuelle de bonheur en vaut a elle seule le prix :)
un peti conseil : guide toi par ton coeur

24Faubourg 9 août 2007 à 12:34  

joliii!

naufrage 12 août 2007 à 02:22  

:-)
La pluie apaise !!! Les mots aussi !!
Magnifique

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